Les Coquelicots SauvagesLes coquelicots sauvages
Centre chorégraphique national de Nantes

  • chorégraphie Claude Brumachon
  • assistant Benjamin Lamarche
- régie générale Jean-Jacques Brumachon

Le centre chorégraphique national de Nantes est subventionné par la Ministère de la Culture, La Ville de Nantes et la Région des Pays de la Loire. Il reçoit l'aide de l'AFAA pour ses tournées à l'étranger.

   
  Dédiée aux amoureux, à tous ceux qui sont pris dans la tempête des sentiments, cette nouvelle création du Centre chorégraphique national de Nantes est un pas de plus dans le rouge-sang du romantisme, à fleur de peau.

A chaque chorégraphie son vocabulaire et son univers. Après " Hôtel central " et ses attentes noctambules, de bar en bar, la nouvelle création de Claude Brumachon est une échappée belle dans le carmin de la passion et les éclats fragiles des fleurs d'été.

Un univers romantique et passionné, fait de révoltes et d'audace. Des pétales un à un déchirés, comme ces mots extraits d'un carnet intime : romantique, tumultueux, fougueux, tempétueux, tourmente, cheval au galop, rivière, taffetas, rouge, rose, dentelle, violence rentrée, désir, non-dit, débordement, passion, jabot, chemise de coton, traîne, cambré, jeune femme, basculer dans le vide, évanouie, escarpolette, ombrelle, paravent, décoiffé, équilibriste, funambule, Delacroix, Géricault, un tub, elle la recoiffe, échevelé, course flottante, vague contre le rocher, tourbillon, souffle, regard, fièvre, fiévreux, duel, épée, corps à corps, à vif, course effrénée, nerveux, élégance, refus, acceptation, corsage, les seins, Ludwig, Romy, innocence, trouble, brûlure, blessure, champs de fleurs, printemps, roulade dans un champ, rire, éclat de rire, bonheur, héroïque, attente, fuite tête haute, yeux, larmes, défaillir, chaud, frémissement, lys, parc, glisser au bord du lit, respiration, haletant, Baudelaire, Sand, Musset, Verlaine, silence, félin, à l'affût, bondir, caresse, effleurer, cygne, paon, calèche…

Juste un bouquet de mots pour des corps en mouvement.

 

CRITIQUES

 

OUEST FRANCE Nantes Samedi 10 dimanche 11 novembre 2001

Vu

Une nouvelle création de Claude Brumachon à l'Espace 44
Des Coquelicots pleins d'élan

Des pétales rouges qui jonchent le sol. Et la 5e de Beethoven qui envahit l'espace. Forcément, ça emporte aussitôt. Corps tout de suite entraînés dans ce tourbillon de notes et de sens... C'est la première fois que Claude Brumachon s'attaque à un compositeur du répertoire classique. Pas forcément évident que la danse s'affirme face à une aussi forte présence. Mais Beethoven lui réussit plutôt bien. Loins d'être submergés et effacés par cette forte présence musicale, les corps semblent au contraire y puiser une énergie nouvelle. Il y a dans ces Coquelicots comme un élan maîtrisé, comme de l'excès accepté et revendiqué. Une gestuelle épurée de tout artifice. Et qui semble, sans contrainte, aller au bout du mouvement. Forcément, ça donne quelque chose d'encore plus lyrique, d'encore plus romantique. Moins saccadée, plus douce, la danse y gagne en fluidité. Les corps s'étreignent plus qu'ils ne se cognent, s'envoient plus qu'ils ne se brisent. Bien sûr, encore, il y a des corps à corps entre violence et douceur, des figures pas loin de la mêlée, des affrontements qui ressemblent à des combats de boxe. C'est, sans aucun doute, du "pur" Brumachon. Avec tout ce qui fait qu'on l'aime, l'ampleur du geste, l'embrasement des corps. Avec aussi ces quelques tics que l'on regrette parfois, quand la théâtralisation du geste, et sa redondance, -même si elle est moins présente dans les Coquelicots- arrive comme un "plus" inutile. Du "pur" Brumachon aussi dans ses tableaux qu'il compose comme un peintre. Dommage d'ailleurs, que le soir de la première, la fin paraisse un peu confuse et trop appuyée. Plus brefs, ces duos sculpturaux auraient gagné en force et en émotion. Un "détail" pardonnable. On retiendra surtout la belle énergie des danseurs portés dans une même vague. Et cette impression d'apaisement qui enveloppe les Coquelicots sauvages. Comme une âme reposée qui aurait rencontré la sérénité.

Yasmine TIGOE

 

NANTES POCHE du 14/11/01
Chroniques

Les coquelicots sauvages, c'était à l'Espace 44. Le public était au rendez-vous. La salle fleurissait de toutes les générations pour découvrir la nouvelle création les Coquelicots Sauvages, du chorégraphe-danseur Claude Brumachon. Le rideau s'est ouvert sur un plateau sans décor, sinon noir et garni de pétales de coquelicots. Quelques gazouillements campagnards animaient un couple de Romantiques passionnés. Quand soudain la 5ème Symphonie de Beethoven a retenti, le reste de la troupe a fait son entrée, regroupé tel un bouquet. Dans une chorégraphie très contemporaine, l'ensemble en osmose donnait le frisson tellement c'était beau et fort. Et puis la gestuelle est devenue violente, entre jetés au sol et affrontements des corps sans répit, sans économie, exigeant du physique une redoutable énergie. Passions, révoltes, folie s'exprimaient à travers ces corps en mouvements tranchés, bouillonnants, douloureux, Beethoven jouait toujours une Sonate, un Concerto pour piano ou un Quatuor à cordes. L'évocation de personnages qui ont marqué le Romantisme, transparaissait dans cette pièce. Alfred de Musset et George Sand, Baudelaire et Verlaine. Et pour finir, Camille Claudel a traversé la scène pour se poser spectatrice de son oeuvre : trois couples de danseurs dénudés, couverts de terre humide se mouvaient, s'entrelaçaient, se défaisaient pour composer quelques sculptures sensuelles ou érotiques. Ce fut l'un des rares moments de douceur au mieu de ce champ de coquelicots très très sauvages. L'émotion, le bonheur que donne la danse ont été un peu gâchés par cette gestuelle si souvent violente, le bruit des corps qui se fracassent sur la scène. Cela peut faire mal aussi au spectateur... A quand "les Bleus et Sauvages"?

Solenn LE CLOAREC

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