Roger Muraro joue Ravel (piano)

 

   
  C'est un musicien français virtuose , un artiste généreux et sincère, un soliste rare dont l'intégrale pour piano solo et pour piano et orchestre de Ravel suscite l'admiration de la critique et du public. Il a obtenu une Victoire de la musique en 2001.

Grand Prix des concours Internationaux Tchaïkovski à Moscou et Franz Liszt à Parme, en Italie, Roger Muraro est considéré aujourd'hui comme l'un des grands maîtres du piano.
En 1988 lorsqu'il donna à Paris les " Vingt regards sur l'Enfant Jésus ", Olivier Messiaen salua son " art sublime au service d'une œuvre si difficile… sa technique éblouissante, sa maîtrise, ses qualités sonores, son émotion… et j'oserais dire sa foi ! ".

Ces qualités amèneront Roger Muraro à aborder avec une émouvante sincérité des compositeurs dont l'œuvre réserve une grande part à l'imaginaire, au monde de l'enfance, à l'onirisme. C'est Schumann, Mozart, mais aussi et surtout Ravel dont l'intégrale pour piano solo et pour piano et orchestre suscite le plus vif intérêt des sociétés de concerts françaises et internationales, les éloges de la critique, et les vivas du public.

Pianiste virtuose, Roger Muraro a travaillé avec de grands chefs tels Zubin Mehta, Pinchas Steinberg, Marek Janowski, Valery Gergiev, Yuri Ahronovitch et avec de prestigieux orchestres : Philharmoniques de Berlin, de Vienne, Orchestre national de France, Gewandhaus de Leipzig, Philharmonique de Perth…
Victoire de la musique dans la catégorie " soliste instrumental ", il est de ces pianistes à la virtuosité impressionnante qui sont aussi des coloristes émouvants, des artistes rares qui s'accordent parfaitement à l'univers musical de Ravel.
 

CRITIQUES

 

NANTES POCHE du 9 au 13 janvier

Certains musiciens sont touchés par la grâce, d'autres chercheront péniblement à l'atteindre, sans jamais l'entrapercevoir. Apparemment, Roger Muraro fait partie des chanceux : Euterpe s'est penchée sur son berceau. En arrivant sur scène Roger Muraro, dans son costume noir trop étroit a des allures de grand adolescent qui se prend les pieds dans le tabouret. Lui, un grand musicien vous plaisantez ? Et pourtant : au moment où Roger Muraro pose ses mains sur le piano, le résultat est magnifique : Dans l'air, l'émotion devient presque palpable. Comme tous les grands pianistes, ses mains, sont très longues, anormalement longues. Sur le clavier, elles se lancent dans une course éffrénée, avec une facilité déconcertante. Entre deux accords, la main gauche reste suspendue en l'air, dans un geste sublime. Lentement, elle reprend son calme, redescent et frappe les touches avec finesse. Lauréat de la victoire de la musique 2001, dans la catégorie soliste instrumental, Roger Muraro jouait à l'Espace 44, les pièces pour piano de Maurice Ravel. Un choix judicieux et audacieux ! Le toucher délicat du pianiste sied à l'univers imaginaire du compositeur. Les compositions de Ravel se caractérisent par leur complexité et leur lyrisme. La perfection de l'écriture, l'équilibre subtil entre féérie et limpidité font de Ravel un compsiteur éblouissant. Un monde où flottent des personnages chimériques ! Virtuose, Roger Muraro associe vivacité et sensibilité. Son jeu révèle une maîtrise parfaite et sait exprimer une palette insensée d'émotions. Chaque refrain est interprêté de manière différente : la monotonie est absente. Ses doigts "piquent" les touches avec légèreté, les effleurent, les font parler. Ses qualités sonores sont exceptionnelles. D'ailleurs, Muraro ne se contente pas de jouer : il vit chaque note, il ressent chaque mouvement. Tout en jouant, il ne peut s'empêcher de fredonner. Dans certaines pièces, dominées par la mélancolie, son visage exprime presque de la douleur. Tout son corps réagit aux partitions qu'il interprète. Inspiré, doté d'un don indiscutable, Roger Muraro est un musicien dont le génie n'a d'égal que la virtuosité.

Agnès METAYER

OUEST FRANCE 20 décembre 2001

L'intégrale pour Piano de Ravel à l'Espace 44 Muraro, prodigieux magicien "Je ne souhaite pas que l'on interprète ma musique, il suffit de la jouer" C'est Perlemuter, son unique disciple, qui rapporte cette parole recueillie de la bouche de Ravel. Il raconte aussi que le maître se méfiait comme de la peste de l'inspiration des exécutants et des licences qui pouvaient en résulter. S'il a multiplié les difficultés techniques dans ses partitions, c'est pour qu'elles ne soient accessibles qu'aux plus grands. Muraro est du petit nombre et il y est prodigieux. Le pianiste, qui a longuement mûri cette intégrale colossale en la mémorisant totalement, montre dans son jeu comment se produit le miracle ravélien. Le compositeur ne s'intéresse pas à l'aspect extérieur des choses mais à leur essence, à leur couleur profonde. Il sait que le mot juste, la touche précise, valent mieux en poésie que la longue tirade. Comme l'émotion peut se dissimuler parfois derrière le paradoxe et l'ironie, la virtuosité la plus folle peut devenir en soi un puissant moyen d'expression et d'art. Ainsi dans "Miroirs" ou "La Valse" ou encore l'extraordinaire "Gaspard de la nuit". Est-ce pour compenser sa petite taille que Ravel écrivit des pièces aussi immenses et somptueuses ? Mais on sait aussi qu'il aimait les miniatures et les bibelots. Après avoir écouté passionnément Roger Muraro, pendant plus de deux heures, on comprend tout cela et davantage encore, car le pianiste, non seulement relève tous les défis, mais son éblouissante dextérité et son sens des coloris offrent à l'oreille une grande gerbe de plaisirs indicibles. Même sur un piano qui flanche et aurait un urgent besoin de restauration.

J.L.D.

PRESSE-OCEAN du 21 décembre 2001

Roger Murao : un Ravel miraculeux Roger Muraro est un pianiste d'exception. Ayant commencé à jouer du piano à quinze ans, il fut très vite repéré par Madame Messian : Yvonne Loriot. Olivier Messian prit ce jeune homme en amitié et fit de lui son fils spirituel. Peu de musiciens à l'heure actuelle maîtrisent, avec tant de bonheur, cette musique complexe mais si riche et si poétique. Samedi dernier, à la MCLA, Roger Muraro interprétait en un concert l'intégrale de l'oeuvre pour piano de Maurice Ravel. Des Miroirs en passant par Jeux d'eaux, de la Valse à la Pavane pour une infante défunte, Roger Muraro, en véritable créateur de monde, exprima avec bonheur toute la poésie du monde ravelien. Ravel puise dans le monde de l'enfance, sa magie est celle du bac à sable, du coffre à jeux. Sa sensualité n'est pas érotique, elle rappelle l'odeur du sein maternel, du parfum de grand-mère, des courses dans les bras de son père... Roger Muraro possède un toucher d'exception, en véritable coloriste, impressionniste même, il place la musique au coeur du miracle ravelien et vous laisse retourné, chamboulé, conquis. Deux heures d'enfance, de poésie, d'amour. La Maison de la Culture de Loire-Atlantique offrait samedi dernier à son public, en invitant ce pianiste magique et vrai, un avant-goût du mystère de Noël.

Jean Rouyer

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