Les Voice Messengers

  • Carte blanche à l'ADDM

 

Les Voice Messengers

   
 

Ils ont le répertoire qui swingue, le big band qui vocalise. Et leur talent communicatif fait de chaque concert une fête de la musique jubilatoire, qui marie poésie, humour et jazz.

Quatorze chanteurs, une section rythmique, basse, claviers, batterie… L'ensemble des Voice Messengers a la taille d'un Big Band. Mais, au cœur du groupe fondé en 1993, c'est la voix qui est reine.
Souple, vive, légère ou énergique, elle s'enroule autour des mots, joue avec les sonorités et les ruptures de tons, prend des teintes cuivrées, glisse comme un archet sur un accord parfait, voyage en onomatopées et poésie, joue la fusion entre le tempo et l'humour…

Dignes hériters des Double Six, les Voice Messengers voyagent au pays du jazz et de la voix avec une maîtrise chorale époustouflante. Et leur répertoire évolutif est d'une invention poétique et humoristique constante. Ce sont des standards habillés avec leur propres textes, des compositions écrites sur mesure par des compositeurs-interprètes comme le saxophoniste Steve Lacy, le pianiste Antoine Hervé, ou encore Glen Ferris et Jean Loup Lognon avec qui ils ont travaillé pour cette nouvelle production à l'Auditorium Saint-Germain-des-Prés.

Invités par l'ADDM 44 (Association départementale pour le développement de la musique et de la danse en Loire-Atlantique), les Voice Messengers offrent un chant choral jazzy des plus talentueux. Une révélation musicale qui offre le plaisir et la jubilation en partage.

 

 

CRITIQUES

 

OUEST FRANCE Mardi 23 octobre 2001

Le scat enjoué
Les Voice messengers étaient, vendredi soir, à l'Espace 44. Ces quatorze voix, accompagnées par une rythmique épatante (batterie, piano, contrebasse), interprètent de vieux standards du swing arrangés et accomodés à la sauce française, grâce aux paroles -inégales- de Cécile Rikato. Mais aussi des compositions spécialement écrites pour l'ensemble.
"Badoum, badoum" (pupitre des basses), "bah, bah, bah" (sopranos et mezzos), les Voic
e chantent la météo bien au sec, alors que dehors, dans la vraie vie nantaise, il pleut à verse. Sur scène, le climat est moite, tropical. Le ton lascif. Sur une composition d'Horace Silver, les onomatopées fusent. Ca balance fort, mais la "couleur" dénote un peu, relevant plus du genre chansonnier que de la tradition du big band.
Le concert, quand même un tantinet superficiel jusque-là prend soudain plus de relief. François Laudet, le spécialiste des grands ensembles (le big band qu'il a créé a reçu en 1994, le prix Sidney Bechet), nous offre, sur un thème d'Oliver Nelson, un festival de batterie.
Un bel hommage est rendu, ensuite, à Lester Young, l'un des hommes du Count. Le saxo nonchalant du Pres (un surnom donné par Billie Holiday) éclate sur grand écran, tout comme sa pudeur blessée par l'alcool et la Marie-Jeanne. Suit un superbe dialogue voix-batterie, où irradie le timbre vocal chatoyant et "rond" d'une grande fille au swing fort subtil.
"Papapapapa"... Quatre voix d'hommes et une de fille entonnent un air très chaloupé et apaisant, sur une composition de Glenn Ferris. Une invitation à la séparation douce ? Pas du tout, car le public, maintenant totalement conquis, en redemande. Après trois rappels, les Messengers, joliment emmenés par le sobre et efficace pianiste Thierry Lalo, achèvent leur concert dans une douce torpeur bienvenue. "Tous les matins en sortant de mon lit, je me mets un petit disque de Count Basie. Il ne me faut rien de plus pour m'enlever mes soucis" chantent-ils. Basie revisité par Henri Salvador, synonyme de joie, ne pouvant pas mieux nous préparer... à la nuit.

Gasparrd NORRITO

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