L'affaire de la rue de Lourcine
Eugène Labiche

  • mise en scène Christophe Rouxel

- scénographie Jean-Luc Taillefer
- lumières Christian Olivier
- costumes Hervé Vital
-
régisseur général Paul Seiller

avec
Anne Dupuis - Gérard Guérif - Philippe Le Coq - Thierry Pillon - Alain Trétout

- musique et arrangement des chanssons Bernard Causse
- musique Meguy Djakeli

Coproduction Théâtre Icare, Maison de la Culture de Loire-Atlantique

 

L'affaire de la rue de Lourcine
 
Après avoir traversé l'Irlande déchirée et voyagé en dramaturgie du côté de chez Woyzeck , Macbeth et Koltès, Christophe Rouxel attaque de plein fouet Monsieur Labiche. A l'assassin !

Lenglumé, un rentier plutôt tranquille, se rend en cachette au banquet annuel d'une institution dont il fut l'élève. Ayant bu plus que de raison, il se réveille le lendemain matin avec des souvenirs plutôt vagues de la soirée. Un article lu dans le journal lui laisse croire qu'il a, avec un compagnon de beuverie, assassiné une jeune charbonnière.

" Bouffonnerie féroce et charmante, tragédie jouée par des marionnettes où les victimes reviendraient en ombres chinoises " selon les mots d'un journaliste de l'époque " L'affaire de la rue de Lourcine " est une comédie noire et saugrenue qui a séduit le metteur en scène du Théâtre Icare.

" Après plusieurs mises en scène sur le thème du meurtre, de la folie, de la question de la responsabilité individuelle et collective des actes, je trouve dans cette pièce une étonnante machine à rire de l'horreur cachée derrière la comédie. "
Christophe Rouxel

CRITIQUES

OUEST FRANCE

L'affaire de la rue de Lourcine à l'Espace 44

Un Labiche mal assaisonné

Même à la sortie d'un grand restaurant, on reste parfois sur sa faim. Voilà l'impression ressentie à la sortie de "l'affaire de la rue de Lourcine" d'Eugène Labiche par le théâtre Icare. A l'instar d'un chef de cuisine qui ne sait trop comment accommoder les mets, Christophe Rouxel le metteur en scène, semble hésiter. Il a des idées souvent originales, mais la pâte ne prend pas.
L'affaire de la rue de Lourcine dégage pourtant, à l'origine, une saveur forte... Labiche, l'auteur du XIXe siècle a trempé sa plume dans un pot maléfique à l'humour noir. Le scénario est grinçant : Au lendemain d'un banquet trop bien arrosé, deux gaillards, Lenglumé et Mistingue, vont jusqu'à s'imaginer que dans leurs libations, ils ont commis un crime. Ils ne se souviennent de rien, alors ils vont croire au pire. Et ils vont dérailler. Ils vont se révéler prêts à tuer, en vrai pour éliminer ceux qu'ils prennent pour des témoins gênants. Eugène Labiche a traité le sujet sur le mode loufoque. La satire est enlevée. L'être humain dans toute sa médiocrité est montré avec délectation.
Dans cette histoire folle, où l'absurde le dispute à la cruauté, les acteurs semblent parfois retenus comme s'ils avaient un fil à la patte. Anne Dupuis ose toutefois s'engager plus franchement dans la voie du comique. Cela ne suffit pas à extirper le spectacle d'un faux rythme. C'est parfois très lent. Les chansons qui jalonnent la scène donnent un air d'opérette inachevée. Le public s'y perd.
Christophe Rouxel, le metteur en scène, a su, par le passé se coltiner avec bonheur et réussite à des oeuvres noires. L'affaire de la rue de Lourcine est sa première comédie. Au fil des représentations à venir (à Saint-Nazaire notamment), quelques ajustements devraient suffire pour faire pétiller à nouveau le vaudeville.

Philippe GAMBERT,

PRESSE-OCEAN du 14/01/02

L'affaire de la rue de Lourcine : à mourir de rire !
Représentée pour la première fois en 1857 au théâtre du Palais Royal, L'affaire de la rue de Lourcine, comédie d'Eugène Labiche en un acte mêlée de couplets, demeure aujourd'hui d'une salvatrice actualité. Mise en scène par Christophe Rouxel dans une coproduction du Théâtre Icare et de la Maison de la Culture de Loire-Atlantique, cette ténébreuse bouffonnerie vient en effet rappeler aux humains qu'ils sont de fieffés salopards : L'intrigue est certes à dormir debout mais l'esprit d'invention d'Eugène Labiche fait tellement merveille qu'on se prend rapidement au jeu des cerveaux embrumés par l'alcool des deux personnages principaux, Lenglumé et Mistingue, labadens auto-convaincus du meurtre d'une charbonnière.
Mais il n'y a pas que le tableau brossé à grands traits de la vie sociale de la petite bourgeoisie commerçante au milieu du XIXe siècle, il y a plus encore pour ne pas dire pire ! N'a-t-on pas sous les yeux deux hommes qui, se croyant assassins, n'hésitent pas une seconde à s'enfoncer plus encore dans le crime, en se débarrassant de ceux qu'ils prennent pour des témoins gênants ? Et circonstance aggravante, ils ne cessent de boire ! C'est l'assommoir dans tous les sens du terme. Mais Eugène Labiche prend le parti d'en rire. Il accumule les quiproquos, fait constamment rebondir l'action et claquer les portes. Il montre du doigt, dénonce les travers, égratigne férocement, pour finalement mettre un terme en chantant à un vaudeville quasi policier. Voilà une pièce peu banale ! Christophe Rouxel joue avec les mouvements dans un décor suggérant un univers faussemenrt feutré, et dans des lumières reflétant l'obscènes pulsions intérieures. Après une mise en condition un peu difficle, ses comédiens sont rapidement très à l'aise dans ce que la situation peut avoir de caricaturale et font savourer au spectateur l'absurdité d'une folie ayant accidentellement l'occasion de s'exprimer. Dans le rôle de Lenglumé, Alain Trétout mène le bal d'irrésistible manière, usant avec bonheur de la voix, mimant, chantant, trouvant toujours le geste et le ton justes. Autour de lui, Thierry Pillon, Anne Dupuis, Gérard Guérif et Philippe Le Coq pétillent tout autant d'humour.
Créée à l'Espace 44, cette Affaire de la rue de Lourcine devrait, car elle est vraiment très réussie, se bonifier comme le vin au long de la tournée qu'elle entreprend maintenant, en commençant par le Théâtre Jean Bart à Saint-Nazaire, du 15 au 20 janvier.

A.P.D

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