La LocandieraLa Locandiera
Carlo Goldoni

  • mise en scène Claudia Stavisky
  • traduction Jean-Paul Manganaro

- scénographie Christian Fenouillat
- lumières Jean Kalman
- costumes Agostino Cavalca
- son Michel Maurer

Avec
Magali Léris, Caroline Proust, Martine Vandeville, Jean-Pierre Bagot, Marc Berman, Francis Frappat, Daniel Martin, Gilbert Guerrero


Production Célestins, Théâtre de Lyon
Coproduction Théâtre du Gymnase - Marseille - La Coursive, Scène Nationale La Rochelle
Théâtre de Namur - Centre dramatique Célestins, Théâtre de Lyon est subventionné par la Ville de Lyon et par le Conseil Régional du Rhône.

 

   
  Une nouvelle lecture de l'étincelante comédie de Goldoni, le vénitien. Une traversée du désir, de la passion et des promesses impossibles.

" La Locandiera " représentée pour la première fois en 1753, est à coup sûr la pièce la plus spirituelle et la plus accomplie jamais écrite par Carlo Goldoni, le grand maître italien né à Venise en 1707, mort à Paris en 1793.

La LocandieraLa comédie met en scène une jeune femme nommée Mirandolina qui tient une auberge (la locandiera, c'est elle). Dans son établissement descendent le comte d'Albafiorita et le marquis de Forlipopoli. Ils briguent l'un et l'autre l'amour de cette jolie femme et lui offrent l'un des cadeaux, l'autre sa protection. Dans l'auberge séjourne également le chevalier de Ripafratta, un misogyne assez bizarre dont l'insensibilité irrite la jeune hôtesse à tel point qu'elle décide de le conquérir. De là, les jalousies et les querelles entre les trois soupirants auxquelles s'ajoutent d'autres complications causées par l'arrivée de deux femmes étranges : Ortensia et Dejanira.

Longtemps considérée comme un propos sur la malice et la frivolité de la jeune hôtesse et par là-même de la femme, la comédie, dans la nouvelle traduction de Jean-Paul Manganaro et la mise en scène de Claudia Stavisky, dessine un portrait autrement complexe.
Sur un mode qui oscille entre l'angoisse et la joie, le classicisme et l'audace, à la manière des opéras de Mozart, " La locandiera " révèle un personnage féminin
dynamique et contradictoire dans un monde traversé par le désir inassouvi et la folle passion… Un moment de transgression étonnamment moderne.

CRITIQUES

 

OUEST FRANCE Mercredi 3 octobre 2001

Faiblesses et cruauté

Peut-on résister aux femmes ? Dans sa pièce du début du XVIIIe ?La Locandiera?, Carlo Goldoni nous encourage à penser que non. La chair et donc si faible que quelques phrases et déhanchements d'une aubergiste prénommée Mirandola vont suffire à faire tourner la tête à ses clients. Qu'i s'agisse d'un comte fortuné qui dépense sans compter en échange de quelques sourires, d'un marquis noble déchu qui s'évertue à jouer au riche et même, après quelque réticence, d'un chevalier dont la misogynie semblait pourtant incurable, à en juger par la qualité de sa réplique sur les femmes: ?je ne les ai jamais aimées, je n'ai jamais eu d'estime pour elles, et j'ai toujours cru que la femme est pour l'homme une infirmité insupportable.?. Ainsi, le pouvoir apparaît clairement entre les mains d'une Mirandola qui se régale de la faiblesse masculine. Mais le pouvoir use lorsque l'on joue avec. Et à force de s'amuser de la vanité des hommes, la candide aubergiste franchit sans scrupule le fossé qui sépare l'espièglerie de la rouerie. Du coup entre faiblesse masculine et cruauté féminine, on préfère ne pas choisir et se prendre de sympathie pour deux nouvelles clientes de l'auberge. Ortensia et Dejanira, vite démasquées dans leur rôle d'actrices jouant les dames du monde mais dont la spontanéité réconcilie avec le genre humain. Certes tout finira par rentrer dans l'ordre. Une sobre mise en scène portée par la remarquable interprétation de l'ensemble des acteurs.

Yves SHERR

 

PRESSE OCEAN MARDI 9 OCTOBRE 2001

La Locandiera : c'est fou ! Un texte superbe, des comédiens magnifiques, une mise en scène pétillante, des décors, des lumières et des costumes d'un goût très sûr, voilà La Locandiera de Carlo Goldoni, telle que la présente la Maison de la Culture de Loire-Atlantique. Il convient en conséquence de se précipiter au plus vite à l'Espace. Le ton de cette pièce surprend et séduit. La maestria avec laquelle Goldoni fait cascader les épisodes de ces duels multiples est vraiment époustouflante. La Locandiera, c'est complètement fou ! Fou d'amour bien sûr. La leçon n'en est que plus précieuse.

Alain Pierre DAGUIN

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