ARCHIVES SAISON 2003-2004
   

 

 

 

Du mardi 24 au samedi 28 février 2004 – Espace 44
Représentations à 20h 30 sauf le mardi à 20h

Morderegrippipiotabirofreluchamburelucoquelurintimpanemens
de François Rabelais
mise en scène Claude Buchvald

Une plongée gourmande dans les entrailles de la langue et dans l’univers de Pantagruel. Au fil de cette aventure, Claude Buchvald explore goulûment les Cinq Livres. Tenaillez, cisaillez, exenterez, fricassez, escarbouillez, débezillez, carbonnadez… C’est Rabelais retrouvé.

Rabelais entraîne très loin, très en arrière, très en avant de notre actuel français littéraire, plat, linéaire, très loin de cette petite langue française guindée de la radio, qui est comme une petite-bourgeoise qui s’étrique, un petit idiome laïc, un esperanto de plus en plus étroit. Une langue qui perd au moins un son par jour, une langue de dictée, une langue pour des sourds, pour des chanteurs culs-de-jatte, pour des danseurs seulement bicordes : français civique, médiagogique, morse inodore plat. Une langue de sondés, de dicteurs dictés, de porte-parole, pas d’animaux comme on devrait.
Car ce qu’il faut qu’on entende, quand on parle, c’est que ce sont encore des animaux qui parlent et que ça les étonne énormément. Il y a ça chez Rabelais, mais aussi chez La Fontaine ou Bossuet… Mais c’est quand même dans Le Quart Livre qu’on entend le mieux que parler est vraiment catastrophique… Que nous ne sommes pas des sujets qui utilisent une langue-outil, ou des esprits ayant en sons quelque chose à dire, mais des animaux qui se sont dressés pour renaître en parlant…

Valère Novarina
in Le théâtre des paroles


 
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