ARCHIVE SAISON 2004/2005

 

 

 


Du mardi 1er au lundi 14 mars 2005 – Espace 44
Représentations à 20h30 sauf le mardi à 20h et le dimanche à 15h
Relâche le dimanche 6 et le samedi 12 mars

Mambo místico
une comédie musicale d’Alfredo Arias

livret Alfredo Arias, Gonzalo Demaría
avec la collaboration de René de Ceccatty
musique et direction musicale Aldo Brizzi
mise en scène Alfredo Arias
costumes Françoise Tournafond
coiffures et maquillages Jean-Luc don Vito
lumière Jacques Rouveyrollis
accessoires Larry Hager
conception sonore Francesco Sardella

assistants à la mise en scène Yann Dacosta, Manon Savary
assistante aux costumes Evelyne Heftre
assistante aux lumières Isabelle Babanini

réalisation des décors atelier de construction du Théâtre national de Chaillot
réalisation des costumes atelier costumes du Théâtre national de Chaillot
réalisation des costumes pour Alma Rosa Atelier Caraco Canezou
modiste Maryse Roussel
masques Michel Carel
chaussures Clairvoy

Durée du spectacle 1h50 sans entracte

avec
Alfredo Arias
Marilú Marini - Madame Gabor
Alma Rosa - Rosita
Sandra Rumolino - Colomba
Graça Reis - le Regard - la Mirada
Jacques Haurogné - Hercule
Giorgio Faelli - Carlitos
Raúl Paz - Monsieur Merengue

et
le groupe Aço do Açucar
Aldo Brizzi - électronique et claviers
Kaboduca - percussions
Luizinho do Jejê - percussions
Alex Mesquita - guitares
avec
Daniel Díaz - contrebasse et basse électrique
(en alternance avec Eric Chalan les 13 et 14 mars)
Eduardo García - bandonéon

 

production
Théâtre National de Chaillot / Groupe TSE / Théâtre du Gymnase - Marseille
Maison de la Culture de Loire-Atlantique – Nantes
avec le soutien du Fonds de création lyrique
et de l’Alliance Française de Salvador Bahia, Brésil

 

 

 

Souvenirs de Buenos Aires
J’ai voulu traduire dans cet imaginaire complexe qu’est la perception d’un petit garçon, un mélodrame que j’aurais vu dans les années cinquante. C’est l’histoire d’une vendeuse de mercerie, la pieuse Rosita, qui se voit malmenée par sa supérieure hiérarchique Madame Gabor (interprétée par Marilú Marini, complice fidèle de mes créations) et par le propriétaire du magasin, Monsieur Merengue. Entourée de son amoureux Carlitos et de sa collègue enflammée Colomba, elle endure le martyre sacrificiel de l’humiliation, contrainte, par un odieux chantage (elle est accusée d’un vol qu’elle n’a pas commis), à renoncer à tous ses idéaux de chasteté. Outre les personnages qui vivent le mélodrame, une jeune femme, que j’ai nommée «le Regard», commente l’action dans laquelle, parfois, elle intervient. Elle incarne, par sa fantomatique présence, la métamorphose qu’un enfant rêveur fait subir à l’intrigue, établissant une distance d’ironie théâtrale, sans pour autant diminuer l’émotion.
Pour écrire le livret, j’ai sollicité la collaboration de Gonzalo Demaría, spécialiste du music-hall argentin et du théâtre populaire. Et mon habituel dramaturge René de Ceccatty a ajouté sa touche, pour la version française. J’ai fait appel pour la composition au musicien italien Aldo Brizzi, qui vit à Bahia au Brésil, et connaît parfaitement les sources de notre culture musicale. J’ai pensé à la fois au théâtre de Valle-Inclán et à celui de García Lorca, en disposant des tableaux religieux, où l’obscène, le comique blasphématoire, l’ironie larmoyante et une certaine tendresse s’entremêlent au rythme étincelant de musiques latino-américaines, encore tout imprégnées des accents de la verve africaine.

Alfredo Arias

Saints, démons et pizza muzzarella
Un soir d’août 2003, alors que nous mangions une pizza au « Cuartito », un restaurant populaire de Buenos Aires, dont les murs sont recouverts, comme d’icônes russes, de portraits de footballeurs et de boxeurs déifiés, Alfredo Arias me raconta une vision qui le poursuivait depuis son enfance : une jeune fille qui, pour ressembler aux pâles effigies de la Vierge, se peignait le visage avec de la peinture laquée.
En examinant le matériau de cette époque, nous tombons sur un épisode policier qui est survenu dans notre ville, en 1926, et relaté dans le quotidien Ultima Hora. Il racontait l’histoire d’une jeune employée de magasin du centre-ville, qui avait été accusée de vol par le patron pour pouvoir la soumettre à un chantage: il lui donnait le choix entre la dénonciation à la police et l’assujettissement sexuel. Evidemment, l’épisode possédait tous les éléments du mélodrame péroniste : l’humble ouvrière, le patron qui l’exploite, l’injustice sociale, le triomphe de la vertu.

Gonzalo Demaría

Le mélodrame ressuscité par Perón
Le mélodrame sera toujours une manière d’instruire le peuple, car du moins ce genre est à sa portée ». Cette formule, signée Pixérécourt, « le Corneille du boulevard », aurait parfaitement pu être rédigée par le président argentin Juan D. Perón. Entre 1946 et 1955, appuyé par sa femme, l’ancienne actrice de mélodrame, Evita, et par son sous-secrétaire à la Presse et à la Diffusion, Raúl Apold, il exerça une politique nationaliste, en prêtant une particulière attention au théâtre, au cinéma et à la radio.
Une forêt exotique d’auteurs créoles fleurit, imitateurs de Pixérécourt et consorts, par le style, et passés de mode dans leur pays d’origine. Conçues sur mesure pour des acteurs comiques, les « comédies blanches » privilégiaient le ton sentimental.
D’une certaine manière, le plan péroniste s’adjoignit le public pour réimposer la structure narrative immuable « amour, malheur, triomphe de la vertu, châtiment et récompense… » Jusqu’à ce que la Revolución Libertadora parvienne à en faire autant, en septembre 1955. Fin du mélodrame : Perón, renversé, s’exile au Paraguay, un destin marqué par l’exotisme qui convenait au genre, amateur de nature sauvage.

Gonzalo Demaría

Aldo Brizzi : la douceur de l’acier
Quand Alfredo Arias lui demanda d’écrire la musique de Mambo Místico, Aldo Brizzi eut la certitude que l’occasion devait être saisie. A la lecture du livret, il a analysé les ressorts dramaturgiques, avec leurs effets entremêlés de nostalgie, de blasphème, d’humour noir, d’ironie insolente et de crudité.
C’est dès l’âge de seize ans qu’Aldo Brizzi eut la révélation du langage musical contemporain en assistant à un concert de Luigi Nono. Diplômé de l’université de Bologne, ayant travaillé notamment avec Bryan Ferneyhough, Pierre Boulez, Giancinto Scelsi, Leonard Bernstein et Sergiu Celibidache, Aldo Brizzi n’a jamais détaché ses compositions d’avant-garde d’une inspiration plus populaire, attentive aux musiques du monde.
Des rythmes indiens, mexicains, afro-brésiliens se sont peu à peu insérés dans ses créations, surtout à partir du moment où il se mit à voyager, d’abord au Mexique puis au Brésil.
En 1993, il découvre la musique afro-brésilienne de percussions. « Je me suis rendu compte que ce n’était pas seulement un phénomène d’expression populaire, mais une façon très forte de traverser le corps plus que le cerveau. Finalement Caetano Veloso est plus contemporain que la musique d’avant-garde. »
Par ailleurs, la fréquentation constante du langage lyrique (Puccini, Wagner essentiellement) rendait naturelle la participation à un opéra moderne.

René de Ceccatty

Alfredo Arias
Né en Argentine, Alfredo Arias est de ceux dont le nom rime au théâtre avec onirisme, baroque et féerie. Ses mises en scènes sont pleines d’originalité, de fantaisie et mêlent chant, danse, musique et poésie.
Il quitte très tôt son pays, qu’il n’oublie pourtant pas et après un passage à New York, il s’installe à Paris.
Parmi ses créations, on notera Carmen à l’Opéra de la Bastille, La Dame de chez Maxim’s en tournée en Italie, Le Barbier de Séville à la Scala de Milan, The Rake’s Progress à l’Opéra de Buenos Aires, María de Buenos Aires un opéra d’Astor Piazzolla, ou encore Concha Bonita en 2003 avec l’étonnante Catherine Ringer. Une création vue a l’Espace 44, tout comme Madame de Sade ou Peines de cœur d’une chatte française.

 

Gonzalo Demaría
Né en 1970 à Buenos Aires, il a fait ses débuts de dramaturge en 1996 avec la comédie noire Nenucha, la envenadora de Monserrat, œuvre de l’une des meilleures comédiennes de son pays, Adriana Aizemberg, vue récemment en France dans le film, Le Fils d’Elias, qui a obtenu le Prix spécial du Jury au Festival de Berlin. En juin 2004, est créée par la même actrice sa pièce Lo que habló el pescado. Sa comédie musicale Houdini, dont il a écrit le livret et composé la musique, est actuellement joué avec succès à Buenos Aires.
A vingt-sept ans, il eut le privilège d’être l’écrivain argentin le plus jeune à entrer au répertoire du Teatro Nacional avec sa pièce En la jabonería de Vieytes.
Il est également écrivain. Son essai Historia genealógica de los Virreyes del Río de la Plata, écrit en collaboration avec Diego Molina de Castro, est paru en 2001 et lui a valu le prix de l’Academia Nacional de la Historia, pour la première œuvre d’histoire hispano-américaine de l’année, institué par la Fundación Del Pino (Madrid).

Aldo Brizzi
Est né en 1960 en Italie.
Il a obtenu les prix « Venezia Opera Prima », en 1981, « European Year of the Music » en 1985 à Paris, Venise et Cologne, « Franco Evangelisiti », en 1986, à Rome et « Junge Komopisten Forum », en 1989 à Cologne.
Il a réalisé des commandes de la Hugo Wolf Akademie de Stuttgart, de l’Orchestra Jazz-Sinfonica de São Paulo, de Radio France, de la Fondation Royaumont, les Donaueschingen Musiktage, etc.
En 1998, il enregistre son premier CD, The Labyrinth Trial qu’il donne en concert à travers le monde en version multimédia (Madrid, Rome, Bruxelles, Porto, Sao Paulo etc.).
En 2002, il lance son deuxième CD : Brizzi do Brasil (Amiata Record), où ses chansons sont interprétées par Caetano Veloso, Gilberto Gil, Teresa Salgueiro, Tom Zé, Carlinhos Brown, Arnaldo Antunes, Virginia Rodrigues, Margareth Menezs, Augusto de Campos, Ala dos Namorados, Olodum. Il a écrit la bande sonore du film Trommler Tänzer Götter de Georg Brintrup.

Dans la lignée de Famille d’artistes, de Mortadela, de Faust Argentin et de Concha Bonita… Alfredo Arias s’est plongé dans ses souvenirs d’enfance en Argentine. Bercé par les rythmes latino. Mambo Místico réunit autour de Marilú Marini douze acteurs-chanteurs-musiciens argentins, brésiliens, cubains et français.

Marilú Marini
Née en Argentine de mère allemande et de père italien, Marilú Marini a commencé sa carrière à Buenos Aires comme danseuse. Aux côtés d’Alfredo Arias, qui l’engage dans ses spectacles, elle participe à la fondation du Groupe TSE. Elle fut la féline Beauty, l’héroïne de Peines de cœur d’une chatte anglaise, ou La Femme assise de Copi (prix de la Meilleure Comédienne décerné par le Syndicat de la Critique Dramatique). Elle a également interprété Caliban dans La Tempête de Shakespeare, Mortadela (Molière du meilleur spectacle musical), Les Bonnes, de Genet. En 2003, elle interprète Winnie dans Oh Les Beaux Jours de Beckett, mise en scène Arthur Nauzyciel, spectacle présenté à l’Odéon-Théâtre de l’Europe en novembre 2003.

 

 

 

 
 
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