ARCHIVES SAISON 2006 / 2007

 

 

 

création

Joël Jouanneau

 

Du lundi 12 au vendredi 30 mars – Chapelle de l'Espace 44

 

 

 

texte et mise en scène
Joël Jouanneau
collaboratrice artistique à la mise en scène
Pilou Rieunaud
scénographie
Jacques Gabel
costumes
Claire Sternberg
lumière
Franck Thévenon

création son
Pablo Bergel

Véhicules miniatures fournis par
DUTHY 43 - Thierry Dumont

avec
Hélène Alexandridis Petula Clark
Philippe Faure
Glenn Gould
Modeste Nzapassara Walter Brown

durée du spectacle : 1h35 sans entracte

 

 

"Le 10 avril 1964, le pianiste Glenn Gould choisit Los Angeles pour faire ses adieux au public. La nouvelle surprend les mélomanes, mais sans plus. L’artiste a habitué son public et son entourage à ce qu’il était convenu d’appeler ses excentricités. Et si certains s’apitoient, peu y croient et beaucoup se gaussent, dans l’attente du concert qui infirmera la décision. Les sceptiques, gardons-nous bien de les juger et comment ne pas les comprendre : ne sont-ils pas légion ceux qui, à un âge souvent avancé et pas seulement dans le domaine musical, ont fait savoir leur retrait de la vie publique pour mieux faire ensuite commerce de leurs adieux ? Glenn Gould lui, n’a que trente- deux ans, et pourtant il ne sera pas de ces Tartarin-là. Jusqu’à sa mort, laquelle interviendra en 1982, il ne donnera plus aucun concert.
En 1964 je n’avais que dix-huit ans, et j’écoutais plus volontiers Kili watch que les Variations Goldberg. J’attribuais même alors probablement à ce Goldberg l’œuvre de Bach dont je ne pris connaissance que beaucoup plus tard, je veux dire bien après Hendrix et Coltrane, faisant par la suite un usage immodéré de cette oeuvre, tel le puceau qui inaugure les joies du sexe à un âge tardif et se découvre alors, mais pour un temps mesuré, un corps de cabri.

De Gould je ne savais rien non plus et s’il m’arrive sans complexe d’affirmer que son interprétation des Variations est indépassable, c’est pour dire comme tout le monde et non par conviction, car en vérité c’est la seule que j’aie jamais entendu, et si c’est sur la sienne que mon choix s’est porté, c’est, je le confesse, plus du fait des « excentricités » du pianiste que par connaissance musicale. Disons que la célèbrissime dimension de sa chaise compta plus dans mon choix que l’intériorité de l’interprète, et c’est pourquoi j’affirme ce qui suit : si j’avais été le seul auditeur de Gould, il eût raison de renoncer.
Reste cette décision à laquelle il ne faillit pas et qui continue de sonner dans mon crâne comme un appel à la déraison dans une époque glacée par sa logique marchande. J’ai tenté, par la petite Fantasiestücke théâtrale qui suit de la comprendre de l’intérieur. Si donc on y voit Glenn Gould et Petula Clark dans leur loge peu avant cet ultime concert, et sous l’œil de Walter Brown, de fait, tout ici est pure fiction, sauf pour moi".

Joël Jouanneau

 

Joël Jouanneau

Homme de théâtre investi dans de nombreux registres : animateur d’une compagnie de théâtre amateur de 1965 à 1983, artiste associé puis codirecteur au Théâtre de Sartrouville, pédagogue avec le collectif de l’école du Théâtre national de Strasbourg, puis professeur au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris… Joël Jouanneau est passé à la mise en scène en 1984 avec une pièce de Botho Strauss, Dédicace.
Par la suite il mettra en scène notamment : L’Hypothèse et L’Inquisitoire de Robert Pinget avec l’acteur David Warrilow, puis En attendant Godot, La Dernière Bande, Fin de partie, Oh, les beaux jours de Samuel Beckett ; Minetti de Thomas Bernhard ; Les Enfants Tanner de Robert Walser ; L’Idiot de Dostoïveski ; Les Reines de Normand Chaurette ; Montparnasse reçoit et La Concession Pilgrim de Yves Ravey ; Rimmel et Gouaches de Jacques Serena ; Pit-Bull de Lionel Spycher ; Les Trois Jours de la queue du dragon de Jacques Rebotier. Durant la saison 2002-2003, il est metteur en scène invité au Théâtre ouvert avec Madame on meurt ici ! de Louis-Charles Sirjacq et Les Amantes de Elfriede Jelinek. En 2004, il met en scène au Théâtre de la Bastille Dickie, un Richard III d’après Shakespeare et J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne, au Théâtre du Peuple à Bussang.

On a pu voir son travail de mise en scène à Nantes, à l’Espace 44 et au Théâtre universitaire : Juste la fin du monde et J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne de Jean-Luc Lagarce, Les Amantes de Elfriede Jelinek et Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas d’Imre Kertész et en octobre dernier Atteintes à sa vie de Martin Crimp.

Joël Jouanneau est également auteur notamment pour le théâtre : Nuit d’orage sur Gaza (1987), Le Bourrichon (1988), Kiki l’indien (1989), Mamie Ouate en Papoâsie (1990), Gauche uppercut (1992), Le Marin perdu en mer (1994), Le Condor (1995), Allegria opus 147 (1996), Dernier Rayon (1998), Les Dingues de Knoxville (1999), L’Indien des neiges (2000), Yeul le jeune (2001), L’Ebloui (2002), L’Inconsolé (2004). Tous les textes ont été mis en scène à l’exception de Dernier rayon (éd. École des loisirs) et sont publiés chez Actes Sud-Papiers.

Production
Théâtre du Jeu de Paume, Aix-en-Provence
En coproduction avec l’Eldorado /Théâtre Ouvert
Avec l’aide de l’Association Beaumarchais/Sacd