ARCHIVES SAISON 2006 / 2007

 

 

 


David Lescot

Du mercredi 28 au vendredi 30 mars – Théâtre Universitaire de Nantes
Représentations à 20h30

 

 

 

 

texte et mise en scène
David Lescot
assistante à la mise en scène
Laïs Foulc
scénographie
Alwyne de Dardel
costumes
Sylvette Dequest
régie générale
François Gautier-Lafaye
lumière
Joël Hourbeigt
accessoires
Philippe Binard
réalisation du décor
Atelier du Théâtre des Amandiers
responsable de l’atelier de construction Jean-Pierre Druelle
serrurier
Manu Lacroix
menuisier
Gaël Bovio
stagiaire menuiserie
Clara Bodard
peintre décorateur
Xavier Morange

 






avec
Pascal Bongard
Norah Krief
Scali Delpeyrat

Le propos
Un homme au chômage, qui vient de se séparer de sa femme après avoir lutté vainement contre les difficultés matérielles et un endettement endémique, se voit désigner un mandataire liquidateur qui va « l’aider » à se dépouiller de la totalité de ses biens. Entre les deux hommes s’instaure une relation de conflit et de jeu, d’identification et de transfert. En poussant l’homme à se défaire de tout ce qu’il possède, le liquidateur se livre à une expérience radicale. Il observe l’humain privé de ses propriétés, croit le ramener peut-être à sa dimension existentielle. Il se veut l’artisan de sa deuxième vie.

 

Un homme qui «rétrécit »
L’histoire d’Un Homme en faillite est celle d’un individu, parvenu à la moitié de son existence, et amené à se dépouiller de tout ce qu’il possède afin de continuer à vivre. Il est question ici de consommation et de dettes, de « deuxième chance », c’est-à-dire de renaissance, question aussi « d’accidents de la vie », dont on dit qu’ils sont les principaux facteurs de surendettement. Rendu à sa nudité, progressivement privé de tout, l’homme doit inventer la nouvelle existence qui s’offre à lui. Regagner ce qu’il a perdu, ou apprendre à vivre sans. Se remettre à accumuler, ou se dépouiller encore plus. Il lui reste néanmoins un ultime allié dans sa solitude : un assez mauvais livre, un roman de science-fiction, L’Homme qui rétrécit, qu’il utilise comme manuel éthique. C’est le récit d’un homme dont la taille diminue inexplicablement de trois millimètres par jour, qui doit faire face à une inéluctable désocialisation, et s’adapter à un environnement de plus en plus hostile et menaçant. Identifiant son sort à celui de l’homme qui rétrécit, l’homme en faillite en vient lui aussi à organiser sa survie en tenant compte de son nouvel état. Comme son modèle haut de deux centimètres, ouvrir un réfrigérateur lui demande un effort surhumain et un temps démesuré, ce qui en fin de compte constitue un frein efficace contre l’instinct de consommation.

 

La  « faillite civile »
« L’idée d’Un Homme faillite est née des débats récents portant sur la question de la “faillite civile” ou du “rétablissement personnel”. Cette mesure, qui existe depuis 1878 en Alsace-Moselle, et conservée après 1918, permet aux personnes frappées par le surendettement de solder leurs dettes en liquidant la totalité de leurs biens personnels. Une sorte de “dépôt de bilan”, appliqué non pas aux entreprises mais aux individus. Le problème est revenu récemment à l’ordre du jour, depuis que le Ministre de la Ville a entrepris d’étendre la mesure à tout le territoire français, se heurtant dans un premier temps à l’opposition des Ministères de la Justice et de la Consommation, des banques et autres sociétés de crédit. Le projet de loi a néanmoins été adopté à l’Assemblée en juillet 2003.
Je ne peux m’empêcher de voir dans cette réalité sociale une invitation au théâtre, à la fable. Ma deuxième pièce, L’Association, sondait le rapport des hommes à l’objet, au réel concret, au commerce. J’aimerais ici envisager la question de l’humain sous l’angle de la propriété. »

David Lescot

L’auteur et metteur en scène
Auteur, metteur en scène et musicien, David Lescot met en scène sa première pièce, Les Conspirateurs en 1999 au Théâtre International de Langue Française, une « comédie musicale noire »  qui sera ensuite mise en onde sur France Culture.
Il collabore, d’abord en tant que musicien, puis pour le théâtre, avec le compositeur et pianiste Charles Valade, qui a signé la musique des Conspirateurs puis de son deuxième spectacle, L’Association.
En 2000, il rencontre la metteur en scène Anne Torrès, pour laquelle il signe et interprète à la trompette la musique du Prince de Machiavel, au Théâtre des Amandiers. Et termine à sa demande l’écriture de sa troisième pièce, Mariage, créée en 2003 à la MC93 Bobigny avec Anne Alvaro et Sid-Ahmed Agoumi.
Il participe aux éditions 2002 et 2003 de la Mousson d’été avec L’Instrument à pression et L’Après-Guerre. En juin 2003, il est invité par Hubert Colas, à Act-oral à Marseille où il réalise une performance autour de L’Instrument à pression, avec le comédien Scali Delpeyrat et le musicien Médéric Collignon.
En janvier 2004, David Lescot dirige des lectures de deux pièces de Jacques Rebotier à la Chartreuse de Villeuneuve-lès-Avignon.
Il travaille également en tant qu’auteur ou dramaturge pour d’autres metteurs en scène, Eleonora Rossi, François Marthouret, Julie Brochen, Bérangère Jannelle… Et enseigne le théâtre à Paris X-Nanterre.
Ses textes de théâtre sont édités chez Actes Sud-Papiers, certains sont traduits dans plusieurs langues.


production déléguée La Comédie de Reims, CDN coproduction Théâtre de la Ville, Paris; Le Festin, centre dramatique national de Montluçon; Compagnie du Kaïros avec l’aide à la création de la DMDTS-Ministère de la Culture en co-réalisation avec le Théâtre universitaire de Nantes