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Du jeudi 25 octobre 2007 au vendredi 26 octobre 2007 - La Chapelle du Grand T

Mergorette

Fabienne Rouby Patrick Conan

Dans le cochon tout est bon ! Mais il fut un temps où le mal était dans la bête et où l’on jugeait et exécutait les animaux pour les punir des « crimes » dont on les estimait responsables. À partir de l’étonnant procès d’une truie à Falaise en 1386, Patrick Conan et Fabienne Rouby ont imaginé une farce cruelle pour comédiens et marionnettes qui met en perspective notre humanité. Un procès édifiant par la compagnie Garin Troussebœuf, installée à Savenay, de réputation internationale, que nous avions déjà accueillie à de nombreuses reprises, notamment pour La Nuit des temps…

AVEC

Jean-Louis Ouvrard
Damien Clénet
Patrick Conan

Dates et horaires

Représentations jeudi 25 à 18h et 20h et mercredi 26 à 20h
Ce spectacle est aussi proposé en tournée « ailleurs en Loire-Atlantique »

Durée du spectacle
1h sans entracte

Théâtre à Nantes

Accueil > Saison 2007/2008 > Théâtre à Nantes > Mergorette

Par
la compagnie Garin Troussebœuf
Écritures et mise en scène
Fabienne Rouby
Patrick Conan
Marionnettes et masques
Francis Debeyre
Décor
Sophie Bazin
Construction
Ateliers du Grand T

Production
Compagnie Garin Troussebœuf.
Soutien du Grand T, scène conventionnée Loire- Atlantique.
La compagnie est conventionnée par la DRAC, le Conseil régional des Pays de la Loire et le Conseil général de Loire-Atlantique. La compagnie est sub­ven­tionnée par la Ville de Savenay.
Un spectacle présenté dans le cadre de Voisinages, temps fort pour les compagnies en région, manifestation proposée par le Conseil régional des Pays de la Loire.

ITV Patrick Conan Chaque pièce a son parcours, son point de départ, sa démarche. La trilogie de Josette qu’on a pu voir lors d’une saison précédente au Grand T était le fruit d’une expérience auprès des personnes en fin de vie et de belles rencontres avec des auteurs. Cette fois vous partez d’un article de journal. Un hasard ? On dit parfois qu’on ne trouve que ce qu’on cherche. Quelle est la genèse de ce nouveau projet et son cheminement ?

Il s’agissait après 5 ans environ d’univers gériatrique de changer de paysage et d’humeur. Ce long parcours sur le thème de « la fin de vie en milieu hospitalier » appelait une rupture radicale. Tant dans son sujet que dans son traitement dramatique, scénographique et marionnettique. Avec l’idée de passer d’une course de fond à un sprint, de trouver une forme spectaculaire répondant à notre désir de provocation joyeuse doublé de notre souhait de prouver que nos marionnettes en forme de sac pouvaient, en plus de l’émotion qu’elles avaient suscitée dans la trilogie, jouer de leurs corps, danser, sauter, tomber … avec la vivacité d’un POLICHINELLE italien ou d’un PUNCH anglais. L’heureuse rencontre de cette soif d’actions et du fait divers historique relaté dans le journal imposaient LA FARCE .

Ce procès moyenâgeux soulève une interrogation : les animaux ont-ils une âme ? En cela il fait écho à un autre débat. Celui qui en 1550 opposa le dominicain Bartolomeo de las Casas et le philosophe Juan de Sepulveda devant un légat du pape dans une église d’Espagne. Ce qu’on appelle aujourd’hui la Controverse de Valladolid. Cette fois, la question c’était de savoir si les Indiens étaient humains ou non. Quels échos chercher aujourd’hui à ces débats ? dans quels registres : métaphysique ? politique ? social ? Est-ce une fable édifiante ? si oui quelle morale ?

L’analyse immédiate qui nous a confortés (moi metteur en scène et FABIENNE ROUBY co-scénariste et auteure) dans le choix de ce fait divers de 1386 nous disait : « nos temps modernes n’ont rien à envier au moyen-âge ». S’en suivait une litanie d’exemples : le procès d’Outreau, la greffe de visage, les tortures d’Irak et d’ailleurs… Mais derrière cette première analyse se profilaient d’autres questions : l’homme du moyen-âge était-il différent de l’homme de la société moderne ? Ces procès d’animaux étaient choses relativement courantes. Que signifiaient-ils ? Avaient-ils des vertus pédagogiques ? Nos ancêtres étaient-ils à ce point naïfs, ou en plein désarroi ? La peste noire qui emporta la moitié de la population de l’époque pouvait être une bonne raison de douter, même de l’existence de Dieu. Par quelle pénitence se soustraire aux coups du fléau ? Les pauvres animaux (porcs, chevaux, fourmis…) dénués de paroles n’étaient-ils pas les victimes expiatoires idéales, les boucs émissaires désignés ? Toutes ces interrogations confirmaient notre choix. Oui, ce spectacle serait une fable édifiante dont la morale serait plus complexe qu’elle n’y paraît. Et pour conclure, la morale de cette morale rappellerait la farce : mangeons végétarien !

Qui va tenir le rôle de la truie ? Verra-t-on un animal en scène ? On pourrait très bien imaginer un animal déguisé en humain sur des tréteaux de foire ! Dans quelle direction avez-vous travaillé avec l’auteur Fabienne Rouby que vous retrouvez, avec Francis Debeyre, « facteur de masques et de marionnettes (comme on dit facteur d’instruments classiques) avec les acteurs de la compagnie ?

La farce du moyen-âge autorisait les transgressions les plus audacieuses. Qu’elles soient d’ordre sexuel ou religieux. Le théâtre d’aujourd’hui ne s’autorise pas son audace et ses libertés. Le politiquement correct et l’autocensure n’étaient pas de mise. Notre spectacle devra s’en inspirer sans chercher à la reproduire (Que savons-nous réellement de ces représentations souvent improvisées ?). Le moteur de notre spectacle repose sur la dualité homme/cochon. Où commence l’un, où finit l’autre ? La scène finale, que je ne veux pas révéler ici, donne la réponse, ou plutôt accentue la question. Notre parti-pris marionnettique écarte logiquement la question du rôle. La marionnette ne joue pas un personnage, elle est le personnage. Notre truie que nous avons appelée MERGORETTE (mère gorette) sera une magnifique cochonne réalisée par FRANCIS DEBEYRE avec du cuir… de cochon.

Accessoirement trois formules pour conclure : laquelle choisissez-vous ? Pourquoi ? Cette publicité charcutière « Dans le cochon tout est bon », cet intitulé d’un livre de Duneton sur l’enseignement « Je suis comme une truie qui doute » ou bien encore ce proverbe créole « Cochon y commande pas la corde » qui signifie « Vous ne pouvez diriger quelqu’un qui doit vous diriger. »

MANGEONS VÉGÉTARIEN !

Saison 2007/2008