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lundi 10 décembre 2007 - Le Grand T

Sayaka Shoji

Wolfgang Amadeus Mozart Felix Mendelssohn Bartholdy

Représentations à 19h et 21h

Concerts de musique de chambre du CREA

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DANS LE CADRE DE SA SAISON DE CONCERTS DE MUSIQUE DE CHAMBRE, LE CRÉA PRÉSENTE EN COLLABORATION AVEC LE GRAND T

SAYAKA SHOJI violon
TATJANA VASSILJEVA violoncelle
JEAN-FREDERIC NEUBURGER piano

Programme de 19h

WOLFGANG AMADEUS MOZART (1756-1791)
Trio en si bémol majeur K. 502
Allegro
Larghetto
Allegretto

FELIX MENDELSSOHN-BARTHOLDY (1809-1847)
Trio pour piano, violon et violoncelle n°1 en ré mineur opus 49
Molto allegro agitato
Andante con moto tranquillo
Scherzo : leggiero e vivace
Finale : Allegro assai appassionato

Programme de 21h

WOLFGANG AMADEUS MOZART (1756-1791)
Trio en si bémol majeur K. 502
Allegro
Larghetto
Allegretto

PIOTR ILITCH TCHAÏKOVSKI (1840-1893)
Trio pour piano et cordes en la mineur opus 50
À la mémoire d’un grand artiste
Pezzo Elegiaco - Moderato Assai-Allegro giusto
Tema con variazioni :
A. Andante con moto
B. Variazione Finale e coda : Allegro risoluto e con fuoco. Andante con moto

Sayaka Shoji

violon Lorsqu’elle joue au Festival de Lucerne et au Musikverein de Vienne, en 1997 sous la baguette de R. Baumgartner, Sayaka Shoji n’a que 14 ans et déjà, derrière elle, un fort beau palmarès. En 1999, le Premier Prix qu’elle reçoit au prestigieux Concours Paganini la consacre définitivement au plan international - concours dont elle est la plus jeune lauréate et la première Japonaise nommée. Sa rencontre en 2001 avec le grand chef Y. Temirkanov est décisive : naît aussitôt, entre le maestro et la jeune Sayaka, une complicité musicale privilégiée, dont témoignent de multiples collaborations à travers le monde, avec les orchestres de Saint-Pétersbourg et de Baltimore. Sayaka Shoji joue depuis régulièrement avec l’Orchestre Philharmonique de Berlin, le LSO, le New York Philharmonic, l’Orchestre de la NHK ou encore l’Orchestre Symphonique de Milan Giuseppe Verdi, sous la direction des plus grands chefs : C. Davis, Z. Mehta, L. Maazel, W.-M. Chung, C. Dutoit, R. Chailly… Chambriste remarquable, elle partage la confiance de S. Isserlis, I. Golan, V. Repin, M. Pletnev, Y. Bronfman, L. Lang, les frères Capuçon et N. Angelich. Pour la firme DG, Sayaka Shoji a enregistré un disque avec Z. Mehta et le Philharmonique d’Israël (Paganini, Chausson, Waxman), deux récitals de musique de chambre avec I. Golan (un live à l’Auditorium du Louvre et un programme Prokofiev/Chostakovitch) et une version des Concertos de Mendelssohn et Tchaïkovski avec le Philharmonique de Radio France et M.-W. Chung. Sayaka Shoji s’est entre autres formée avec Uto Ughi à l’Académie musicale Chigiana de Sienne et avec Shlomo Mintz. Elle suit depuis 1998 l’enseignement de Zakhar Bron. Elle joue un magnifique Stradivarius de 1715 (le “Joachim”), mis à sa disposition par la Nippon Music Foundation.

Tatjana Vassiljeva

violoncelle
Victorieuse du Grand Prix Rostropovitch de la Ville de Paris en 2001, adoubée par Claudio Abbado en 2005 avec son nouvel orchestre de Caracas, la violoncelliste russe Tatjana Vassiljeva est déjà considérée comme l’une des solistes majeures de sa génération. Elle séduit non seulement par la splendeur de sa sonorité mais aussi par l’étendue de ses choix musicaux. Originaire de Sibérie, elle se forme au violoncelle avec E. Nilow dans une école pour surdoués, également fréquentée par M. Vengerov et V. Repin. Lauréate (Deuxième Prix) du Concours de Munich en 1994, elle s’y installe à partir de 1995 grâce à la Perestroïka et travaille avec W. Nothas et D. Geringas. Sa victoire au Concours Adam en Nouvelle-Zélande lance sa carrière internationale qui la mène à jouer avec succès au Japon, à Taiwan, en Europe, en Russie… Lauréate du prestigieux Concours Pablo Casals en 2000, elle donne ses premiers concerts avec M. Rostropovitch avant de briller dans son concours l’année suivante. En contrat exclusif avec Accord Universal, elle a déjà enregistré un album d’œuvres contemporaines (Chédrine, Saariaho, Schnittke, Dutilleux, Stroppa et Penderecki), suivi d’un disque dédié à Schubert, Franck et Stravinsky. Mais c’est avec son dernier disque consacré à Kodaly, Ysaÿe, Tchérepnine et Cassado qu’elle s’impose auprès de la presse comme “la nouvelle diva du violoncelle”. Familière de la Camerata de l’Orchestre Philharmonique de Berlin depuis 2004, nommée “Révélation Étrangère des Victoires de la Musique Classique” cette même année, elle est invitée en 2005 à accompagner P. Badura-Skoda dans l’intégrale pour piano et violoncelle de Beethoven. Tatjana Vassiljeva joue un violoncelle Antonio Stradivarius “Vaslin” de 1725, généreusement prêté par le groupe LVMH.

Jean-Frédéric Neuburger

piano
Né en 1986, Jean-Frédéric Neuburger manifeste dès son plus jeune âge des dispositions musicales exceptionnelles. Entré à 14 ans au CNSM de Paris, il obtient les plus hautes récompenses en piano, accompagnement et musique de chambre. Il a remporté depuis de nombreux prix, parmi lesquels un récent Premier Prix aux prestigieuses “Young Concert Artists International Auditions” de New York, qui lui a permis de faire ses débuts aux États-Unis fin 2006. Plus encore qu’à ce brillant palmarès, c’est à sa personnalité et à son extraordinaire maturité musicale que Jean-Frédéric Neuburger doit d’être un pianiste aujourd’hui très recherché. Invité de manifestations prestigieuses, il s’est d’ores et déjà produit en soliste avec les plus grands orchestres - Philharmonique de Radio-France, London Philharmonic Orchestra, Philharmonique de Shanghai, Philharmonique de New York... 2007 le voit en tournée avec l’Orchestre National d’Île-de-France et avec l’Orchestre National de Lyon, au Japon où il donnera aussi son premier grand récital (Suntory Hall de Tokyo). Il fera ses débuts en 2008 avec l’Orchestre Philharmonique de Liège dans Des Canyons aux étoiles d’Olivier Messiaen. Ce pianiste de tout juste 20 ans possède un répertoire déjà considérable, allant de Bach aux compositeurs contemporains ; Jean-Frédéric Neuburger privilégie par-dessus tout la découverte d’œuvres nouvelles, qu’il s’agisse d’œuvres pour piano seul ou de musique de chambre. Ses enregistrements discographiques, encore peu nombreux, ont déjà fait sensation : son intégrale des Études de Chopin, enregistrée en 2003 (il n’avait alors que 16 ans), a été comparée aux plus célèbres versions ; un deuxième album consacré à Chopin est paru en mars 2006 chez le même éditeur (Disc Auvers), et un disque Czerny est récemment paru chez Mirare.

W. A. Mozart
Trio en si bémol majeur K. 502

De l’année 1986 - intense période créatrice où le piano est particulièrement présent, année également de la création des Noces de Figaro - date la composition du Trio en si bémol majeur. Achevé en novembre, quelques jours avant le Concerto pour piano n°25 et la Symphonie “Prague”, il envisage la forme sous un angle nouveau puisque le violoncelle n’est plus considéré comme une doublure mais comme un véritable partenaire susceptible de dialoguer d’égal à égal avec le violon et le piano. Parallèlement, Mozart tend de plus en plus vers l’épuration, ce qui lui permet d’éliminer toute surcharge du discours et de mettre en lumière son aisance thématique : gracieux mais sans coquetterie, riche mais sans lourdeur, dynamique mais sans excès de zèle, le Trio en si bémol majeur affirme une maturité de style sur laquelle grandiront notamment les Quatuors “Prussiens” de 1789. Le premier mouvement se présente sous la forme hybride d’un allegro de sonate à l’exposition monothématique et au développement bithématique, tous deux nettement séparés : la partie initiale évolue autour d’une cellule unique énoncée au violon puis reprise par le piano, transformée, modulée, ornée et harmonisée en un contrepoint élaboré avant d’ouvrir sur une brillante cadence soliste. Après la barre de reprise, Mozart introduit sotto voce un second thème en fa majeur tout à fait indépendant du premier, sorte de préambule au véritable développement qui s’engage à sa suite en se souvenant du premier motif. La réexposition concentre en elle les éléments de la partie initiale avec un art remarquable de la concision. Le Larghetto en mi bémol majeur expose au piano son thème orné, assujetti au mouvement ascendant de la basse, suspendu sur la dominante puis ramené à la tonique par le violon. Ce chant élevé aux sentiments les plus purs gagnera en fioritures - ornements et arpèges - lors de sa reprise après un couplet modulant. Après un second couplet en la bémol majeur, le thème obéit à une dernière métamorphose, plus expressive encore, suivie d’une coda. Le dernier mouvement, un Allegretto de forme rondo-sonate, est d’importance pour le violoncelle qui, émancipé de son rôle d’accompagnateur, rivalise de virtuosité et d’adresse avec le piano et le violon. Un rythme de gavotte aux syncopes graciles ouvre la danse au piano puis aux cordes. Un second motif colore ensuite le violon de sa tonalité de fa majeur avant de gagner, pour le développement, les tons mineurs : le premier thème est travaillé, disséqué et modulé à souhait par les trois instruments à la fois rivaux et partenaires tandis que le second est confié à la main gauche du piano sous les triolets de la main droite. La réexposition ramène le premier thème inchangé et inaugure une coda audacieuse propice à de nouveaux échanges passionnés. CB

F. Mendelssohn-Bartholdy
Trio pour piano, violon et violoncelle n°1
en ré mineur opus 49

Mendelssohn a toujours considéré la musique de chambre comme essentielle et voyait dans la composition d’œuvres pour violon, quatuors, trios…, une source très propice à sa créativité, plus encore que le piano, pourtant son instrument de prédilection. Ébauché dès février 1839, le Trio n°1 est achevé durant l’été de la même année à Francfort - le premier mouvement est daté du 6 juin, le final, du 18 juillet. On ne sait pas si Mendelssohn fut satisfait ou non du résultat, mais il accepta de revoir sa copie suite aux remarques de son ami F. Hiller, taxant parfois son genre d’archaïsant face à ceux de Chopin ou Liszt qu’il préférait. Quoi qu’il en soit, cette nouvelle version (datant du 23 septembre 1839) conquit immédiatement Schumann qui s’enflamma, à sa première audition, dans la revue Neue Zeitschrift für Musik : “C’est le maître trio de notre époque, comme ceux de Beethoven en si bémol et en ré, celui de Franz Schubert en mi bémol, l’étaient de leur temps.” La partition, devant un tel succès, fut éditée au printemps 1840 par Breitkopf et Härtel, peu de temps après sa création au Gewandhaus de Leipzig avec Mendelssohn au piano, F. David et K. Wittmann aux archets. Très symptomatique du souffle romantique de Mendelssohn, le premier mouvement Molto allegro agitato évoque le début du Concerto K. 466 de Mozart avec son premier thème fiévreux et passionné annoncé tout doucement par le violoncelle puis ravivé par une tempête de croches au piano. Le morceau s’engage ensuite dans une agréable et apaisante Romance sans paroles, Andante con moto tranquillo, annoncée d’abord au piano puis reprise par les cordes. Elle avoisine, dans sa partie centrale, l’esprit extrêmement raffiné de Chopin, celui des Études notamment, lui-même inspiré de la Norma de Bellini. Puis Mendelssohn nous entraîne vers le monde féérique des contes avec un magnifique scherzo où le piano semble rivaliser de prouesses avec l’orchestre pour pouvoir évoquer tour à tour le triangle, les timbales ou la flûte dans un déferlement de notes colorées propre à incarner l’esprit magique de Mab, la Fée des songes. Magistral final que cet Allegro assai appassionato ! De forme rondo-sonate, il s’ouvre sur une ronde paysanne sautillante et son refrain fait appel, dans une incessante virtuosité, à un piano véritablement concertant. Il clôt le trio sur une majestueuse et vaste coda déclamée à la façon d’un hymne. AC

Saison 2007/2008
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